Accident du travail : comment bien réagir dans les premières heures

Un accident du travail ne se limite jamais à l’événement lui-même. Les premières heures sont déterminantes : pour la santé du salarié, pour la conformité réglementaire de l’entreprise, mais aussi pour la prévention de futurs accidents.
Une réaction inadaptée, tardive ou incomplète peut aggraver les conséquences humaines, juridiques et organisationnelles.

Cet article détaille pas à pas les actions à mener immédiatement après un accident du travail, en s’appuyant sur les obligations légales et les bonnes pratiques de prévention.

Sommaire de l'article

Qu’est-ce qu’un accident du travail ? (rappel essentiel)

Avant d’agir, il est indispensable de qualifier correctement la situation.

Définition légale de l’accident du travail

Selon le Code de la Sécurité sociale, constitue un accident du travail tout événement soudain, survenu par le fait ou à l’occasion du travail, et ayant entraîné une lésion corporelle ou psychique.

Trois critères cumulatifs :

  • un fait accidentel soudain,

  • un lien avec le travail,

  • une lésion médicalement constatée.

En cas de doute, il est fortement recommandé de traiter l’événement comme un accident du travail, quitte à le requalifier ensuite.

Étape 1 – Sécuriser la situation immédiatement

Protéger les personnes avant tout

La priorité absolue est la sécurité des personnes :

  • arrêter la machine ou l’activité si nécessaire,

  • baliser ou isoler la zone dangereuse,

  • éviter tout sur-accident (collègues, secours, encadrement).

Cette étape relève de l’obligation de sécurité de l’employeur.

Ne pas modifier la scène inutilement

Sauf nécessité de mise en sécurité :

  • éviter de déplacer le matériel impliqué,

  • conserver les éléments permettant de comprendre les circonstances.

Ces éléments seront précieux pour l’analyse ultérieure.

Étape 2 – Porter secours au salarié accidenté

Alerter les secours si nécessaire

Selon la gravité :

  • appeler les secours d’urgence (15 / 112),

  • contacter un SST (Sauveteur Secouriste du Travail) s’il est présent dans l’entreprise.

Assurer les premiers soins

Les premiers gestes doivent être réalisés dans le respect des compétences de chacun.
Il est interdit d’improviser ou de minimiser la situation.

Étape 3 – Déclarer l’accident du travail dans les délais légaux

Déclaration à la CPAM : une obligation stricte

L’employeur dispose de 48 heures (hors dimanches et jours fériés) pour déclarer l’accident du travail à la CPAM.

La déclaration doit comporter :

  • l’identité du salarié,

  • les circonstances détaillées de l’accident,

  • les témoins éventuels,

  • la nature des lésions connues.

Une déclaration tardive ou incomplète peut engager la responsabilité de l’employeur.

Remettre la feuille d’accident au salarié

La feuille d’accident du travail permet au salarié :

  • la prise en charge des soins à 100 %,

  • l’exonération de l’avance des frais médicaux.

Elle doit être remise dès que possible, même si l’accident semble bénin.

Étape 4 – Informer les acteurs internes et externes

En interne

Selon l’organisation de l’entreprise :

  • hiérarchie directe,

  • service RH,

  • référent SST ou QHSE,

  • membres du CSE (si nécessaire).

En externe

Dans certains cas spécifiques :

  • inspection du travail (accident grave ou mortel),

  • CARSAT,

  • assureur.

 

Étape 5 – Analyser l’accident sans attendre

Pourquoi l’analyse doit être rapide

Les premières heures permettent de :

  • recueillir des témoignages fiables,

  • observer les conditions réelles de travail,

  • éviter les reconstructions a posteriori.

Attendre plusieurs jours fait perdre des informations clés.

 

Méthodes recommandées

  • Analyse factuelle (quoi, qui, où, quand, comment),

  • Arbre des causes,

  • distinction claire entre :

    • causes immédiates,

    • causes organisationnelles,

    • causes humaines et techniques.

L’objectif n’est ni la recherche de faute, ni la sanction, mais la prévention de la récidive.

 

Étape 6 – Mettre en place des mesures correctives

Un accident du travail révèle presque toujours :

  • une défaillance technique,

  • une organisation inadaptée,

  • une formation insuffisante,

  • ou un cumul de facteurs.

Les mesures peuvent porter sur :

  • les équipements,

  • les procédures,

  • la formation,

  • l’organisation du travail,

  • la supervision.

Sans actions correctives, l’analyse perd tout son sens.

 

Étape 7 – Mettre à jour le Document Unique (DUERP)

Une obligation réglementaire souvent oubliée

Tout accident du travail doit conduire à :

  • une réévaluation des risques concernés,

  • une mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels.

Cette mise à jour permet :

  • d’intégrer l’accident dans la démarche de prévention,

  • de justifier les actions engagées,

  • de renforcer la traçabilité réglementaire.

 

Les erreurs fréquentes à éviter après un accident du travail

  • Minimiser l’événement (« ce n’est rien »)

  • Attendre l’arrêt de travail pour déclarer

  • Chercher un responsable plutôt que des causes

  • Ne pas associer les salariés à l’analyse

  • Oublier la mise à jour du DUERP

Ces erreurs exposent l’entreprise à :

  • des sanctions,

  • une augmentation du risque de récidive,

  • une dégradation du climat social.

 

Accident du travail : une opportunité de prévention

Bien géré, un accident du travail devient :

  • un levier d’amélioration des conditions de travail,

  • un signal fort de la culture sécurité de l’entreprise,

  • un moyen concret de réduire les risques futurs.

Chez Winlassie, nous accompagnons les entreprises pour transformer les accidents en actions de prévention efficaces et durables, dans le respect du cadre réglementaire et de la réalité du terrain.

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