Le monde du travail vu par les salariés du public et du privé post Covid-19

Imagine Human publie un sondage réalisé par BVA sur les attentes des salariés post Covid-19

 

Les salariés sont inquiets pour leur santé et ne font confiance à leur employeur qu’à certaines conditions

 

Sondage-Imagine-Human-mai-2020-BVA-covid-19  Imagine Human et l’Institut BVA Opinion présentent aujourd’hui les résultats du sondage « Post Covid-19 : Le monde de travail vu par les salariés du public et du privé », réalisé du 14 au 18 mai 2020, auprès d’un échantillon de 1 000 salariés représentatifs de la population salariée française.

 

En cette période difficile où les salariés ont vu le monde du travail et leur quotidien changer radicalement d’un jour à l’autre, le groupe Imagine Human, réseau d’entrepreneurs engagés offrant aux entreprises des solutions complémentaires associant Conseils, Logiciels et Services dédiés à la prévention, la santé et la qualité de vie au travail et l’institut BVA Opinion, se sont intéressés à l’avis des salariés français concernant leur expérience professionnelle pendant le confinement et le retour au travail depuis le 11 mai. Cette étude met en lumière plusieurs grands enseignements.

 

 

Les salariés ont changé leurs habitudes de travail et mettent la santé au cœur de leurs préoccupations

 

Le confinement a eu un impact majeur sur la manière dont les salariés français ont travaillé puisque 35% des salariés interrogés ont été en télétravail et 42% ont exercé une activité partielle durant cette période. Pour autant, 8 salariés sur 10 indiquent avoir réussi à concilier leur nouvelle vie professionnelle et leur vie personnelle. Le 11 mai avec l’assouplissement des mesures de confinement, le nombre de salariés en activité partielle a diminué de façon significative puisque seul 20% des personnes interrogées continuaient à être en activité partielle : 1 salarié sur 2 a pu reprendre physiquement le chemin du travail.

 

Télécharger la synthèse de l’étude ici: ImagineHuman_BVA_RapportSynhtèse

 

La reprise du travail inquiète encore un peu plus de la moitié des salariés, puisque 54% d’entre eux déclarent avoir peur pour leur santé et celle de leur famille et ne se sentent pas à l’aise à l’idée de retourner sur leur lieu de travail. C’est particulièrement vrai pour les habitants de la région Ile de France qui sont 65% à être inquiets, chez les salariés du tertiaire (55%) et chez les personnes qui n’ont pas encore repris le chemin du travail « sur site ».

Pour être rassurés, 90% des salariés se déclarent en faveur de tests covid19 et 84% accepteraient une prise de température sur leur lieu de travail alors même que le protocole de déconfinement diffusé par le gouvernement n’inclut pas ces mesures. En revanche, seuls 27% des salariés accepteraient l’utilisation sans réserve d’une application mobile traçant leur exposition au virus. L’utilisation des données personnelles est clairement un sujet très sensible.

 

Les salariés attendent en priorité : des équipements pour se protéger, une reprise de l’économie et une reconnaissance de leurs efforts par leur employeur privé et public

 

Dans cette nouvelle période post confinement, les salariés attendent prioritairement des équipements pour se protéger et la réorganisation de l’environnement de travail (c’est une priorité pour près d’1 salarié sur 2, particulièrement chez les femmes, les plus de 50 ans et les habitants des zones à forte densité de population) ; la reprise de l’économie (42% des salariés en font une priorité) ; et la reconnaissance des efforts fournis pendant le confinement (une priorité pour 40% des salariés). Cette dernière attente est particulièrement forte parmi les managers de proximité : 76% des managers de plus de 20 personnes et 48% des contremaitres expriment ce besoin de reconnaissance.

 

Comme le souligne Yannick Jarlaud, Directeur Général Adjoint de Imagine Human :

« Le triptyque protection de la santé, reprise de l’économie et reconnaissance attendue par les salariés est riche d’enseignements. La demande d’équipements pour se protéger jugée indispensable par 8 salariés sur 10 peut paraître évidente, mais leurs attentes vont au-delà, et c’est ce que montre le sondage : 82% des salariés jugent important et indispensable que leur employeur renforce le suivi médical dans leur entreprise après cette crise. Les salariés ont donc une sensibilité accrue concernant leur santé au travail. Cette question devient un fondamental pour tous et fait réfléchir aux nouvelles approches à mettre en place à l’avenir. »

« S’agissant de la reprise économique, celle-ci préoccupe particulièrement les salariés du privé : 48% des salariés du privé s’en inquiètent contre seulement 29% des agents du secteur public. Cette différence s’explique en partie par la peur du chômage parmi les salariés du privé. Mais cette peur est à relativiser, puisque 80% des salariés sont confiants dans la capacité de leur entreprise à surmonter la crise et pour la pérennité de leur emploi. Enfin, la question de la reconnaissance au travail recouvre deux grands enjeux : la reconnaissance salariale et la reconnaissance « sociale » des efforts consentis pendant le confinement. Cette « considération », qui ne se mesure pas de manière chiffrée, doit là encore devenir un sujet de préoccupation à mieux prendre en compte par les employeurs », ajoute Yannick Jarlaud.

 

Les salariés ont globalement plutôt confiance dans les mesures prises par leur employeur pour assurer leur santé, tout en se tenant prêts à exercer leur droit de retrait

 

Seulement 65% des salariés estiment être suffisamment informés par leur entreprise en matière de prévention des risques sanitaires et le même pourcentage indique que leur employeur fait le nécessaire pour assurer leur santé dans leur activité professionnelle. Comme l’explique Yannick Jarlaud : « 65% de salariés s’estimant suffisamment informés et accompagnés : c’est un bon début mais ce n’est pas totalement satisfaisant. Un effort d’information sur les mesures de prévention et de reprise de l’activité reste à faire. Notamment auprès des encadrants de moins de 20 personnes (qui sont 40 à 45% à estimer que les mesures prises ne sont pas suffisantes), ceux qui travaillent exclusivement sur le terrain sans pouvoir faire de télétravail (37%) et les salariés en chômage partiel (39%) qui ont de manière générale plus besoin d’être rassurés ».

Cette confiance, sous conditions, s’exprime également à travers la question du droit de retrait. En effet, 69% des salariés se disent prêts à exercer leur droit de retrait s’ils jugeaient les mesures de prévention prises par leur employeur insuffisantes pour assurer la protection de leur santé.

 

 À moyen et long terme : y aura-t-il un monde du travail post Covid-19 ?

 

Malgré les critiques essuyées par le télétravail, 88% des salariés français qui ont exercé le télétravail pendant la période du confinement se disent prêts à poursuivre le télétravail jusqu’à la fin de l’année. Parmi eux 50 % pourraient continuer le télétravail sans hésiter alors que 38% l’accepteraient sous conditions.

Interrogés sur les bonnes pratiques que les employeurs adoptent et qu’ils veulent voir perdurer après le Covid-19, plus de 8 salariés sur 10 souhaitent conserver la mise en place de pratiques de sécurité sanitaire, une meilleure prise en compte de leur situation personnelle (handicap, aidants familiaux, maladies chroniques) et davantage de flexibilité dans l’organisation du travail (horaires de travail flexibles par exemple) après la crise.

 

De nouvelles attentes voient le jour : plus de 7 salariés sur 10 souhaitent des bilans de santé plus réguliers, des formations en lien avec les questions de santé (exposition aux produits chimiques, gestes de protection, postures de travail, accident du travail, maladies professionnelles…), ou encore des programmes d’aide pour un meilleur équilibre vie professionnelle/vie personnelle (aide au logement, aide à la vie pratique, aide administrative, aide juridique) et une généralisation du télétravail quand cela est possible.  

 

Enfin, dans un contexte où les experts sont interrogés sur « le monde d’après » et que surgissent des interrogations sur le sens du travail et les velléités de changement post Covid-19, il semble que cette réflexion soit l’apanage d’une minorité. En effet, à l’issue de la crise, 73% des salariés interrogés dans cette étude n’envisagent aucun changement dans leur activité professionnelle. Peur du lendemain ou satisfaction de leur situation actuelle ? La question reste posée.

 

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L’étude BVA en intégralité

 

A propos de BVA Opinion

BVA Opinion est spécialisé dans l’investigation et l’analyse de l’opinion des Français depuis 50 ans, que ce soit comme citoyen, salarié, consommateur. Le groupe BVA accompagne la transformation des entreprises à partir de la compréhension des individus et de leurs comportements. Implanté dans 16 pays, le Groupe s’est construit de façon originale pour aboutir à un modèle hybridant 4 activités principales : insights, technologies, communications et consulting. Notre credo : la transformation concrète, avec les gens et par les gens. Nous donnons à nos clients les outils et solutions pour exprimer leur singularité, et passer de la vision à l’action. Pour faire la différence.

 

Méthodologie de l’étude

Cette étude a été menée par BVA Opinion du 14 au 18 Mai 2020 par questionnaire sur internet auprès d’un échantillon de 1000 salariés représentatif de la population salariée française. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas, appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession, secteur d’activité, taille d’entreprise et région d’habitation. Nous disposons donc des résultats par sexe, âge, CSP, type d’emploi, secteur d’activité, taille d’entreprise et découpage régional.