Parole d’Expert – Le MASE

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Présentation de Marc LE BRAS, ancien auditeur MASE et consultant en prévention et radioprotection

Marc Le Bras: J’ai un parcours dans la Sécurité qui a commencé en 1986, dans des branches Santé et Sécurité. J’ai eu différentes missions de Formateur, responsable Qualité, Sécurité, Environnement et Radioprotection également, car je suis issu d’une formation en Radioprotection. J’ai géré des sources depuis 1990 en tant que PCR (Personne Compétente en Radioprotection), mais également ancien auditeur MASE.
À ce jour, à mon compte pour faire profiter à mes clients de mes expertises en prévention et radioprotection auprès d’entreprises de toute taille. Ils peuvent être des donneurs d’ordre, mais aussi des TPE autant que des entreprises du CAC 40.

WinLassie : Qu’est-ce que le MASE ?

MLB: Le MASE, ce sont des associations qui ont pour but de certifier des entreprises intervenantes dans des entreprises utilisatrices. Entreprises intervenantes de maintenance ou de rénovation. On trouve tous les corps de métier au niveau de l’industrie.
Le but du MASE est de répondre aux obligations réglementaires. Que ce soit la gestion des compétences du personnel, du suivi médical, mais aussi au niveau de la maîtrise technique de leurs équipements et de leur organisation de planification.
Les secteurs d’activités concernés par le MASE sont majoritairement la chimie, mais pas que. On peut avoir des entreprises comme Lafarge qui peuvent faire appel à des entreprises certifiées. C’est une obligation qui est imposée par l’entreprise utilisatrice, et des entreprises extérieurs se lancent dans la démarche. Ce qui leur permet de s’organiser quand il ce sont des PME, TPE pour gérer les points précités.

WL: Que contient le référentiel du MASE ?

MLB: Le référentiel MASE est construit sur 5 axes :

1: L’ engagement de la direction, qui se traduit par une politique de prévention, où la direction exprime très clairement vers quoi elle veut tendre.

2:  La maîtrise des compétences du personnel : cela va de l’accueil de la personne, de sa formation en matière de sécurité, du maintien de ses autorisations jusqu’à son intervention sur site.

3: L’opérationnel, c’est à dire comment j’organise mon chantier. Est-ce que j’ai toutes les analyses nécessaires, est-ce que mon personnel est formé, est-ce que j’ai les documents sur place qui me donnent l’autorisation à réaliser mes actions.

4:  Axe de vérification : au niveau des entreprises, on doit vérifier que ce que l’on a prévu, on l’a bien fait. C’est un contrôle dans le sens de vérification.

5:  Amélioration continue : On prend en compte notre retour d’expérience. Issus de différents thèmes développés sur la 4 premiers axes, qui peuvent être liés: aux causeries,  aux remontées de situations dangereuses, aux analyses de pré-accident, à la recherche de matériel et aux améliorations, aux remarques client et aux bonnes idées que le personnel peut nous faire remonter.

A partir de là, on fait une revue de direction, on statue sur le système et on définit un plan d’action pour l’année suivante.


WL: Comment se passe un audit de certification ?

MLB: Avant de se présenter à un audit de certification, l’entreprise s’engage auprès de l’association dans une démarche MASE, où elle a 18 mois pour mettre en place son système.
L’audit de certification aura lieu entre le 12e et le 18e mois.  On doit alimenter le système qui aura été pensé, et pour montrer que nous sommes compétents dans le domaine et son appropriation.

Une fois prêts, on déclenche auprès des organismes agréés une demande pour être audité. La durée de l’audit varie selon la taille de l’entreprise et le nombre de sites.

A l’issue de cet audit, la société auditrice émet des fiches de non-conformité. Puis, elle réalise un rapport qu’elle présentera au niveau du comité de certification de l’association MASE, qui prendra en compte les résultats.

C’est le comité de certification qui va statuer et donner la certification ou pas. Il est composé d’entreprises utilisatrices et d’entreprises extérieures, donc de représentants d’entreprises extérieures qui font partie d’entreprises certifiées au moins 3 ans.

Le résultat peut être :

0 = encore du travail

1an =  on sait faire mais on peut montrer qu’on peut faire confiance plus longtemps.

3 ans = on maîtrise et on arrive à donner confiance pour bien piloter son système.

Parce que le résultat n’est pas d’obtenir la certification mais c’est vraiment de pouvoir le piloter, le maîtriser et le décliner sur les années qui viennent.

WL: Comment se caractérisent des actions conformes au MASE sur le terrain ?

MLB: Une action de prévention qui va se caractériser sur le terrain pour répondre aux exigences MASE, qui reprennent une grande partie des exigences du code du travail, va être de pouvoir maîtriser les compétences de son personnel, de vérifier qu’il est formé, habilité, autorisé, d’avoir aussi du matériel conforme. Ce qui veut dire qu’il soit contrôlé, étalonné, que les gens soient formés à leur utilisation pour éviter les catachrèses.
Quand nous avons ces 2 aspects là, on peut réaliser une action dans le respect des des autorisations des donneurs d’ordre.

L’un des autres objectifs, c’est aussi que nous ayions un retour d’expérience par rapport à la démarche.
Le personnel a généralement des causeries ou des pré-job briefings avant intervention pour se rappeler des points incontournables au niveau de la sécurité, donc de la prévention qu’ils doivent respecter.

 

WL: Quels sont les prérequis pour accéder à la certification ?

MLB: C’est dans un premier temps une démarche très administrative. Étant donné que pour aller vers la certification, il faut être organisé.
Organisé sur un aspect de gestion des ressources humaines. Savoir quelle personne va être déployée sur le terrain. Savoir maîtriser ses autorisations, savoir maîtriser ses visites médicales pour pouvoir être tout à fait apte à se présenter.

Organiser cet aspect administratif demande un accompagnement sur la gestion de ces documents. Il y a certains systèmes, ou logiciels qui permettent d’avoir une démarche dynamique.
Parce que faire une procédure est une chose, il faut ensuite la mettre en œuvre et construire le retour d’expérience. Avec des programmes de management de la prévention.
C’est de faire des étapes de déroulement de l’opération de l’entreprise, mais aussi avec des tableaux de bord. Cela permet de savoir exactement où on en est, et des pré-alertes pour déclencher toutes les actions que l’on doit mener.

 

WL: À quel moment peut-on vous solliciter pour une démarche MASE?

MLB: Ça dépend de l’attente de l’entreprise. Soit :
– Elle est dans une démarche initiale. Mon expertise et mes connaissances vont permettre de l’accompagner jusqu’à la certification.
J’accompagne les entreprises qui sont déjà certifiées. On fait pour cela des points réguliers pour voir si les objectifs sont atteints ou non.
Ces objectifs de réalisation sont définis d’un commun accord, c’est la feuille de route pour répondre aux exigences du MASE.

– Une autre manière peut être d’intervenir à faire des audits internes pour leur dire s’ils sont dans les clous du référentiel. Sinon, de trouver des axes d’amélioration.

Gros avantage de l’audit interne, c’est que l’on peut faire des préconisations. Contrairement à l’audit de certification qui lui, nous dit simplement si c’est bon ou pas.
Cela permet de booster les entreprises et de les rassurer. On peut leur dire s’ils sont dans la bonne démarche ou s’il faut accélérer..

 

WL: Quels outils et préconisations donnez-vous à vos clients pour acquérir ou renouveler sa certification ?

MLB: C’est soit on est en initial, soit on est en renouvellement.
En initial, c’est construire le système et alimenter les objectifs de réalisation que nous nous sommes fixés. C’est un gros travail pour l’entreprise de s’approprier la culture.

Lors de la préparation d’un renouvellement de certification, j’apporte surtout de savoir comment est piloté le système. Les données remontent elles bien au niveau des causeries, des situations dangereuses, des analyses, des contrôles de matériels? Pour cela, différents outils peuvent être utilisés.

Des logiciels aident les entreprises et permettent de gérer différents points concernés : ressources humaines, état du matériel, état d’avancement des causeries ou des visites médicales.

 

WL: Quels sont les avantages d’un logiciel de gestion ?

MLB: Un logiciel de gestion est construit pour prendre en compte et bien répondre à l’ensemble des exigences MASE. C’est un gain de temps pour l’entreprise car des saisies qui sont réalisées vont être dispatchées via différentes données de sortie.
Si je prends une formation j’ai une personne qui est formée au risque chimique. Je vais saisir sa formation et je vais avoir plusieurs informations en sortie. Je vais pouvoir émettre des cartes d’autorisation, avoir des alertes avec une seule saisie sur le renouvellement des formations.

Cela va permettre de faire le tri au niveau du personnel, pour savoir qui est qualifié pour répondre aux attentes spécifiques au regard du marché et du chantier envisagé.
Autre avantage, lors d’un audit, c’est la vraie traçabilité par rapport à ce qui s’est fait. On démontre et on donne confiance à l’auditeur de certification que l’on a fait les choses comme il fallait.

Le gros avantage, ça allège la charge mentale de la personne de l’entreprise.

L’exemple d’une entreprise de 15 personnes que j’ai accompagnée sur Martigues qui a fait ce choix là. Elle avait des tableaux Excel divers et variés,  et a eu tout en centralisé.
Une fois que toutes les données sont saisies pour le pilotage de la démarche c’est beaucoup plus simple. Nous avons nos alertes, et nous savons quoi faire au niveau du plan d’action incrémenté.
Ça évite que l’on puisse fasse des erreurs.
C’est vraiment un gage de qualité et de confiance qui est donné car c’est un réel outil industriel.

WL: Voyez-vous d’autres effets bénéfiques ?

MLB: Il a un premier enjeu économique au niveau des entreprises car ils ont la pression pour être certifiés. Certification veut dire pouvoir répondre à des appels d’offre et ouvrir de nouveaux marchés au niveau de l’industrie.

Cela enlève déjà une certaine tension en interne.
La certification c’est la cerise sur le gâteau. Cela permet de prendre en compte les points essentiels du Code du Travail, et donc répondre à leurs obligations d’entreprise.
L’autre gain aussi que nous avons au niveau de la démarche du MASE, c’est cette participation et ce retour d’expérience.

Un exemple très concret que j’ai vécu en industrie, c’est sur des opérations de soudage.

On devait nettoyer les cordons de soudure. Soit on les brosse, pour qu’ils aient le même reflet que la tuyauterie, ce qui pose des problèmes de qualité car on a un arrachement de matière, soit on les passive.

On utilisait un produit composé d’acide nitrique fluorhydrique donc très dangereux. Ce qui fait que j’étais amené pour permettre aux gens de réaliser ces opérations sur chantier, de :
Les former à l’utilisation des produits
Mettre en œuvre des moyens de protection, qui étaient par exemple de l’hexofluorine en cas de projection ou du gluconate de calcium
– Organiser les secours en cas d’accident.
– Mettre en œuvre tous les bacs de rétention du mélange d’acide fluorhydrique nitrique avec de l’eau. Puis les faire revenir au siège de l’entreprise pour pouvoir les faire retraiter par des entreprises spécialisées et agréés sur le sujet.

C’est un temps de mise en œuvre long, qui demande formation, investissements et protections individuelles en cas d’accident et de secours.

En regardant les évolutions du matériel, on a été amenés à faire des tests à l’utilisation de lingettes, qui contiennent ce produit.
Gros avantage, il n’y a pas de projection liquide du produit. Cela permet de traiter un nombre beaucoup plus important de cordons de soudure à l’heure que si on le faisait comme avant au niveau du pinceau.

C’est un réel gain au niveau de l’analyse de situation de travail.

Par rapport à ce qui est demandé au travers du MASE et par rapport à l’amélioration continue. Un gain notable car on passe plus de temps au travail que sur les tâches annexes pour réaliser ce nettoyage.

– un gain de 1% par rapport au chiffre d’affaires, donc là c’est de la marge nette qui est récupérée par l’entreprise.

20% du temps qui est gagné au niveau de l’opération pour les personnes qui ont réalisé ces tâches

– une diminution du risque d’accident.

À savoir qu’un jour d’arrêt coûte environ 2300 € à l’entreprise.

 

WL: Que conseillez-vous aux entreprises qui souhaitent acquérir la certification ?

MLB: Une entreprise qui voudrait se lancer dans cette démarche, ce que je l’invite à faire c’est un premier diagnostic. Comment est-elle organisée, son système informatique, son métier, ses risques et ses chantiers. Cela permet d’organiser la prestation sur mesure par rapport à l’attente dans l’accompagnement.
La démarche, même si elle semble toujours similaire doit être adaptée à son entreprise et à sa configuration.

Dans la démarche de certification, ce qui est important, c’est son organisation.

Ce sur quoi elle s’appuie pour pouvoir mettre en œuvre les différents outils dont nous avons parlé précédemment.
Il est vrai qu’une entreprise qui a un logiciel à disposition, cela lui permet de se professionnaliser. Ici, je m’adresse plus aux TPE/PME car que l’on soit 1, 2, 10 ou 15 personnes, on doit tout savoir faire et avoir tous les services intégrés. Et lorsque l’on a un logiciel en place, il est là pour nous aider.
D’autant plus que si la réglementation évolue, ce genre de logiciel se met à jour pour répondre à ces points là.

 

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